Avant le monde était rempli de dinosaures, puis il y a eu la fête des mères. Ce petit garçon de cinq ans et demi m’a fait fondre aujourd’hui. Une maman, c’est donc « pour aider les petits garçons », « ça sert à tenir son cœur ». Bravo Théo, tu as donné un sens à la fête des mères
La guerre des poux
On ne dit pas : “Ma fille a des poux” mais “Ma fille est revenue du parc avec des poux”. Parce que, vous comprenez, c’est déjà assez pénible de devoir avouer la chose. Donc c’est tout à fait important de souligner que l’innocente n’est que la victime de la vermine : les petits parasites intelligents er pervers ont sauté dans sa tête pour poursuivre leur noir dessein de conquête du monde.
Le problème après, c’est que, quand je regarde dans la tête de ma fille, je découvre que ça danse la salsa de partout, ce qui laisse présager que les poux n’étaient peut-être pas en embuscade dans le parc mais dans la tête de ma fille depuis un certain temps.
Le problème, c’est aussi d’avouer publiquement que ma fille a des poux. Vous crevez d’envie d’ajouter : “Mais moi, je n’en ai pas”, sauf que vous avez déjà un doute. Que la seule évocation des petites bêtes vous donnent une furieuse envie de vous gratter la tête. Et que de toute façon, toutes les personnes qui vous ont entendues ont déjà fait un pas en arrière.
Le problème, c’est de plaquer la gamine au sol pour lui mettre le Parapoux, vu que la gueuse, non contente d’être un nid à parasites, trouve que ça sent mauvais, le pschiit, et qu’il est hors de question qu’on lui colle ça dans la tête.
Je me console en me disant que ça m’arrive en été, ce qui m’évite de laver les bonnets, les manteaux, les écharpes et les pulls. Je n’ai qu’à changer les draps et les pyjamas. Mais je sens que ce n’est que partir remise. Le début d’une longue histoire passionnelle entre eux et nous, si je me fie à mon expérience personnelle.
Lilie maman
Lorsque Lilie marche, les hommes s’évanouissent sur son passage. Ou presque. Mais de toute façon, elle ne s’en rend pas compte. Comme elle a une poignée d’années de moins que moi, je lui ai offert Kata Sutra plutôt que Mauvaises Mères quand on s’en rencontrées.
Puis, surprise, Lilie a fait un bébé. En plus, elle est devenue mère poule. Elle appréhendait même de reprendre le boulot, alors que moi j’étais tellement contente de lâcher mon gosse que j’aurais pu faire la roue sur tout le trajet.
Un mois après la reprise du boulot, j’ai voulu savoir ce qui avait changé. Elle m’a envoyé une liste.
a) C’est moins pire que ce que je pensais. Mon fils me manque, mais pas tant que ça la journée.
b) J’arrive à avoir des conversations normales avec mes collègues, comme notre président, et je me cale même des déjeuner pro et perso.
c) Bien sûr je montre ici et là – mais (presque) seulement lorsqu’on me le demande – des photos de mon fils. (J’ai aussi des vidéos mais je te les montrerai une prochaine fois).
d) Je peux vivre sans dormir ni manger.
e) Je prépare mes habits la veille au soir de crainte, le lendemain matin, tellement j’ai la tête dans le cul, d’oublier de mettre un soutif. Voire une culotte. Voire les deux.
f) J’ai réussi à mettre une fois du vernis. Je ne l’ai pas enlevé depuis 5 jours. Tant pis si ce n’est pas raccord avec mes tenues (préparées la veille, donc). Et qu’il s’écaille sur chaque doigt.
g) Mon appartement ressemble à un jardin d’enfants après un tsunami (alors que mon fils préfère jouer avec un paquet de mouchoirs plutôt que ses milliards de peluches et autres cubes en bois allemand de mon cul).
h) Je parle de moi à la troisième personne. Ce qui m’amène au point suivant…
i) …Je fais exactement tout ce que je m’étais promis de ne jamais faire.
j) Je répète tout deux fois. « On va prendre le bain ? » « On va prendre le bain? » Sauf que la deuxième fois mon ton est encore plus aigüe que la première.
k) Je marche plus vite avec une poussette que sans. C’est ma canne à moi.
l) Je tiens un carnet des phrases cultes qu’on me sort. Ma préférée, ce mois ci: « Oh non, vous n’êtes plus enceinte… Ça vous allait tellement bien. » Comment lui expliquer ?
